L'Histoire de Château-Landon

Un territoire occupé dès la Préhistoire

Château-Landon est située au cœur d’une région privilégiée par les découvertes préhistoriques.
Cette richesse est liée aux conditions géographiques favorables, aux différentes civilisations qui se sont succédées depuis une centaine de millénaires. Les chasseurs paléolithiques ont profité, les premiers, de l’abondance des zones marécageuses qui accompagne le Loing, le Fusain. Ces marais étaient à la fois des refuges pour le gibier et des relais pour les grandes migrations animales.
La présence des premiers chasseurs, il y a plusieurs dizaines de millénaires, coïncide avec les dernières grandes glaciations. Quelques découvertes isolées prouvent le passage sur notre territoire des hommes de Néanderthal.

C’est avec la stabilisation du climat que s’installent les agriculteurs : l’outillage néolithique recueilli alentour atteste de leur présence. Existence d’un ensemble de huit polissoirs nichés au fond de la Vallée du Loing dans les bois de Montuffé.

Château-landon-photowebPhoto de M. Bernard THERET

Tout naturellement, une ville gauloise, Vellaunodunum, s’installa sur cet oppidum ; l’importance de la cité est révélée par le lourd tribut (600 otages) dont elle fût taxée pour avoir résisté pendant trois jours, en 52 avant J.C., aux légions romaines en marche pour porter secours aux citoyens romains d’Orléans malmenés par les Carnutes (le livre « La Guerre des Gaules » de Jules César en fait référence ». Les troupes de César ne firent que passer, aucune construction gallo-romaine ne subsiste, alors que Sceaux-du-Gâtinais révèle, à 10 km à l’Ouest, d’impressionnants vestiges ; mais n’existait-il pas alors un bourg continu tout le long du Fusain, cette délicieuse rivière qui apporta la richesse sur ses rives ?

La-ville-Forte-Pécunia-web

Il faut attendre plusieurs siècles pour que Château-Landon défraye à nouveau la chronique. Au début du VIe siècle, survint, en effet, un événement dont les suites furent capitales pour l’essor de la ville.
Cette histoire commence en 504. Clovis, alors roi des Francs souffrant d’une fièvre « étrange », rebelle à tout traitement, est jugé perdu par ses proches. L’un deux, Tranquillus, parle alors miracle et d’un moine du nom de Séverin, vivant en Suisse, dans le Valais, capable d’obtenir des guérisons par son savoir et ses prières.
A l’appel du roi, Séverin se rend à son chevet, implore Dieu, étend son manteau sur le mourant, et merveille !, le guérit.
Le moine, refusant tout présent, mais pressentant une mort prochaine, ne songe qu’à regagner sa communauté helvète. Il quitte Lutèce, atteint un « lieu de rocher » qu’un rêve prémonitoire lui avait révélé comme étant le terme de sa vie, et meurt sur la « montagne » de Château-Landon, le 11 février 507.
A l’annonce de sa mort, Clovis, manifestant sa reconnaissance, promet d’édifier une chapelle sur les lieux mêmes de la disparition de celui qui allait être sanctifié. Le décès du roi n’en permit pas la réalisation, mais son fils Childebert, devenu roi de Paris, accomplit les volontés paternelles en 545.
A ce premier oratoire dédié à Saint-Séverin fut associée une abbaye destinée aux religieux desservant les lieux sacrés. La vénération des reliques du Saint allait s’instaurer, assurant pour plusieurs siècles la prospérité de Château-Landon.

FresquesEn 1928, le dégagement d’une crypte carolingienne a permis de mettre à jour une série de peintures murales uniques en Ile-de-France dont une représentant la guérison de Clovis.  Elles sont à ce jour, conservées aux Archives départementales.

En effet, sous l’impulsion des moines, la cité s’agrandit.

Régnant sur le temporel autant que sur le spirituel, ils acquièrent d’importantes richesses ; la population recherche leur protection en leur abandonnant ses biens. Commerçants, artisans, se regroupent autour de l’Abbaye où affluent les pèlerins. La cité est renommée en tant que haut-lieu religieux et lieu de pèlerinage. Tout semble paisible et prospère pendant plusieurs siècles.

Autres faits importants :

Foulques IV le Réchin

Au plus loin des recherches et des écrits, Château-Landon apparaît comme ayant été la première capitale des Comtes du Gâtinais.

Geoffroi 1er, seigneur de Château-Landon paraît sur une charte au début du Xe siècle comme étant Comte du Gâtinais.
C’est Geoffroi II « Ferréol » le descendant de celui-ci qui épousera Ermengarde, fille de Foulque 3 « Nerra » Comte d’Anjou. Les deux comtés se retrouvent liés par le mariage.
A cette période une motte féodale est édifiée, qui, progressivement, se complète d’une résidence seigneuriale importante. C’est là que naît en 1043, leur fils, Foulques IV le Réchin. Il acquerra par héritage en 1060 le Comté du Gâtinais, en 1068 le Comté d’Anjou mais il cèdera en 1069 le Comté du Gâtinais au profit du roi de France Philippe 1er. La ville entre dans le domaine royal qui deviendra une résidence intermittente des rois de France sous les Capétiens.

Leurs descendants ouvriront la dynastie des Plantagenêts et auront, nul n’aurait pu le prévoir, des destinées prestigieuses : ducs de Bretagne, rois de Jérusalem et rois d’Angleterre.

Les origines de Château-Landon : généalogie des Comtes du Gâtinais, d’Anjou et des Plantagenêt.

Les temps suivants furent particulièrement prospères pour la ville. La présence de trois églises, de 3 abbayes (Séverin, Saint-André et Pontfrault), de très nombreuses chapelles et d’un Hôtel-Dieu démontrent son essor au XIIe siècle sous le règne de Philippe-Auguste.

Château-Landon fut incontestablement une ville drapante du XIIe aux XIVe siècles résultant de l’activité des quelques dix-huit moulins à foulon alimentés par le Fusain. Quelle fût son importance ? On serait tenté de penser qu’elle fut grande, Charles VI ayant déclaré que « Château-Landon était une des dix-sept bonnes villes de France où l’on faisait draperie jurée au royaume ». La ville produisait notamment des « tabards », gros manteaux de laine, dont le souvenir surgit à travers le nom du parc de la Tabarderie. En 1316, le drap Camelin de Château-Landon apparaît dans les écrits.

Le calme fut de courte durée car la ville fut plusieurs fois assiégée, prise par les Anglais au cours de la guerre de Cent ans et subit comme le reste de l’Europe, deux épidémies de peste noire ; Château-Landon vit son étoile pâlir dès le commencement du XVe siècle. A cette époque, en exécution d’un traité conclu entre Charles VI et Charles III de Navarre, la ville passa au duché de Nemours et, pendant près de deux cent ans, son histoire n’est plus qu’une suite de sièges. La ville qui comptait 6 000 habitants en 1560, n’en a plus qu’un millier 35 ans plus tard.  Il faudra attendre le début du XXe siècle pour atteindre le chiffre de 3000, auquel la première guerre mondiale prélèvera à nouveau dans ses forces vives 127 de ses enfants.

Patrimoine Médiéval

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Ce passé historique a naturellement laissé des traces dans la cité.  Il suffit de circuler à travers les ruelles du « castrum » moyenâgeux pour découvrir ce que pût être cette cité florissante : murs épais ceinturant la place forte, renforcés de tours massives dont l’une d’elles, la Tour Madeleine, nous est parvenue en relatif bon état ; poternes enjambées par le chemin de ronde, ruelles et escaliers dévalant la pente vertigineuse, caves voutées, couloirs obscurs, salles de siège et galeries aujourd’hui hélas inaccessibles pour la plupart.  C’est tout un décor que l’imagination ne demande qu’à faire revivre.  A l’extérieur de ce qui fut la « cité close de murs » la Ville Forte, une autre ville, plus aérée, dévolue aux commerces, aux foires, et aux marchés s’est construite.  La Ville Nouvelle témoigne de l’animation qu’apportèrent marchands et pèlerins.  Nous nous attarderons un instant (il faut choisir !) sur quatre monuments de ce passé prestigieux.

tour-madeleineLa tour Madeleine est l’une des tours du rempart que Charles VI autorisa aux bourgeois de Château-Landon.  Malgré les pillages, les incendies et l’usure du temps, celui-ci montre encore d’appréciables vestiges ; il sert en maints endroits de support à des constructions d’un passé plus récent sous lesquelles il disparaît.  Il enferme le bourg administratif médiéval, ouvert sur l’extérieur par quatre passages donnant sur les 4 point cardinaux.  Deux seulement subsistent : les poternes Nord et Sud.  Un chemin de ronde le coiffait, doublé, fait assez rare, par un second passage inférieur qui faisait le tour de la ville.

Des tours renforçaient régulièrement la muraille ; il est possible aujourd’hui de les situer, mais la mieux conservée est la Tour Madeleine.

Adossée aux remparts qu’elle dépasse de 2 mètres, d’une hauteur globale de 9 mètres pour 6 m 50 de diamètre, cette tour massive communique par sa partie supérieur avec le chemin de ronde, visible sur une cinquantaine de mètres vers l’Est, il est masqué ensuite par des bâtiments du XVIIIe s.

La tour est construite en blocage de pierrailles et de silex noyé dans un mortier, recouvert d’un parement de pierre de taille.  L’épaisseur du mur à sa base dépasse 3 mètres. A mi-hauteur, trois meurtrières, dont deux couvraient les remparts, au Nord et à l’Ouest ; la troisième d’un état parfait protégeait l’angle Nord-Ouest.

LA TOUR MADELEINE est INSCRITE aux Monuments Historiques depuis 1926.

Château-Landon 002Tout à l’Est, un important édifice, l’Abbaye Saint-Séverin, aujourd’hui maison de retraite départementale.  Au milieu des additions et restaurations pratiquées vers la fin du XVe siècle, on reconnait le monument de Philippe Auguste, avec ses fenêtres de plein cintre, ses cheminées caractéristiques, les puissants contreforts à redent rappelant ceux de la « Merveille » du Mont Saint Michel, sa haute tour ronde.  Abritant jusqu’à la Révolution de 1789 une communauté de religieux séculiers, de l’ordre des Augustins, l’abbaye fut vendue comme bien national et en partie détruite ou transformée en locaux d’habitation.  Cent ans plus tard, devenue propriété de la famille Ouvré, l’un de ses membres, A-F. Ouvré, en fit donation au Département de Seine et Marne pour l’utiliser comme Hospice pour vieillards indigents, ce qui fut fait (321 mai 1892).

L‘ABBAYE SAINT SÉVERIN est CLASSÉE aux Monuments Historiques depuis 1937.

fresque-guerison-de-ClovisEn décembre 1927, à l’occasion de fouilles dans la cour de l’Abbaye, le chœur de la crypte carolingienne de l’église fut dégagé et des peintures murale apparurent.

L’une des fresques datant du XIIe s. représente ici,  la guérison de Clovis par  Séverin.
Clovis est mourant ; derrière lui, son médecin Tranquillin prépare dans son mortier un dérisoire remède.  Le terrible roi des Francs est vaincu.  Alors s’avance Séverin ; il domine le malade, lui prend la main… et ce sera le miracle.  Dans cette évocation, ce n’est pas la puissance royale qui s’impose, mais la prépondérance de l’église.

Après une restauration, les fresques sont aujourd’hui, conservées aux Archives Départementales de Seine et Marne.

Tour Saint Thugal6Dans la Ville Forte, une  tour carrée, vestige d’une ancienne basilique dédiée à Saint-Thugal, attire l’attention.  C’est là que furent déposées les reliques du saint breton, par les moines de Tréguier fuyants au Xe siècle les envahisseurs normands.  Cette tour fait partie du système défensif de la ville : attribuée au XIe siècle, elle dresse ses six étages sur l’absidiole méridionale d’une édifice aujourd’hui disparu où l’on devine cependant une nef à collatéraux et une abside flanquée de deux absidioles.  Les étages inférieurs sont fait d’un double parement de pierres en petit appareil disposées en épis selon la méthode carolingienne employée dans le préroman.   Son avant dernier curé fut en 1781 Jean-Claude le Blanc De Beaulieu, oncle de George Sand.

LA TOUR SAINT THUGAL est INSCRITE aux Monuments Historiques depuis 1926.

Eglise-Notre-Dame-web

Troisième monument qui nous intéresse ici, l’église Notre-Dame de Château-Landon.  Étonnante construction qui nous donne, inscrite dans la pierre, une magistrale leçon d’architecture médiévale, où se marient et se côtoient, les styles carolingien, roman et gothique.  Édifice hydrique regroupant : le Xe et le XIe siècle dans les piliers du côté nord de la nef et le portail central, le XIIe dans la restauration du transept et le chœur, ainsi que dans le clocher dont les étages ne furent terminés qu’aux XIIIe-XIVe siècles, en même temps que la reprise des arcades Sud de la nef et l’élargissement du bas-côté Sud.  Son clocher, unique dans le paysage français, dresse une impressionnante silhouette de pierre d’une rare légèreté, que la lumière et le vent traversent de part en part.

L’ÉGLISE NOTRE DAME est CLASSÉE aux Monuments Historiques depuis 1840.

tour-saint-andré-XVIè-swebPlus à l’écart enfin, vers l’Ouest, à la sortie de la ville, datant du milieu du XIIe s., ce vestige d’une imposante abbaye clunisienne est l’un des plus beaux monuments de la cité.  Très endommagée, elle fut réduite au XVIe s. à un prieuré.  Aujourd’hui, Il ne subsiste que la Tour Saint-André, elle aussi plus que découronnée et dont le premier étage, seul conservé, pourrait fort bien servir de jardin suspendu : elle fait l’admiration des connaisseurs, avec son portail ogival au dessus duquel s’ouvrent deux superbes fenêtres romanes, curieux assemblage d’un style de transition.  De l’église, il ne reste que le sanctuaire que l’on aperçoit couvert entièrement d’une luxuriante verdure, dérobant aux regards les trois fenêtres de son chevet rectangulaire. Rien à changé.

LA TOUR SAINT ANDRÉ est CLASSÉE aux Monuments Historiques depuis 1990.

AUTRES MONUMENTS à Château-Landon

hotel-dieu-webL’hospice fut édifié en 1178 comme refuge des pauvres et lieu de repos pour les pèlerins…  La salle principale est voûtée par une série de trois berceaux reposant sur de gros piliers carrés.  L’ensemble est simple mais très harmonieux.

Il s’agit d’un des rares Hôtels-Dieu subsistant en Seine et Marne, bien que détruit en partie au XVIIIe s.  La répétition des niches dans la salle des malades est primitivement plus grande.  Au plafond, des voûtes en rouleaux sont semblables à celles de Tournus.  Les salles sont très froides.  Ambroise Paré, médecin des Valois, écrit concernant l’Hôtel-Dieu de Paris : il fait si froid qu’à aucuns malades couchés, l’extrémité du nez se mortifie.  Il n’y a pas de cheminée, mais un chauffoir mobile à charbon de bois permet de réchauffer les malades, qui couchent à plusieurs par lit.

L’Hôtel-Dieu de Château-Landon devient en 1840 une école pour fille puis une école de Stéréotomie.

Depuis peu, l’Hôtel-Dieu est ouvert au public tous les samedis de 15h à 17h ou sur rendez-vous au 01 64 29 38 08.  Participation de 3 euros.

L’HÔTEL-DIEU est INSCRIT aux Monuments Historiques depuis 1986.

porche-monnaie-webCe monument civil, près de l’ancienne halle fut le bureau de change qui se trouvait dans le quartier juif de la ville médiévale.  Le pignon est du XIVe s. et les 2 fenêtres de la Renaissance.

En ce temps, le commerce de la ville avait acquis une grande importance, car les juifs en occupaient tout un quartier.  Là comme ailleurs, faisant le change et la banque, ils étaient devenus fort riches ; on rencontrait de beaux édifices et de confortables habitations dans les rues qu’ils occupaient.

Louis XII, qui vint à Château-Landon en 1141 pour y frapper monnaie, ne vit pas les israélites d’un bon œil.  Néanmoins, ce ne fut que plus tard, en 1174, qu’il leur interdit l’exercice de leur religion.  Cette mesure n’était que le prélude d’une expulsion générale qui eut lieu au cours de l’année 1180.

LE PORCHE DE LA MONNAIE est INSCRIT aux Monuments Historiques depuis 1926.

OUVRAGE EXEPTIONNEL

antiphonaire-de-saint-severin-chateau-landonL’ANTIPHONAIRE

L’antiphonaire est un registre enluminé de l’Abbaye Royale Saint-Séverin recueillant des chants de la liturgie catholique.
Cet ouvrage est classé Monument historique, le 11 mai 1939.

Il contient les parties chantées de l’office dont les partitions utilisent le « style neumatique ».
Celui de l’Abbaye Saint-Séverin est sans doute, par sa taille (51,5 x 70 cm) et par la richesse de sa décoration, l’un des plus beaux documents conservés aux Archives départementales de Seine-et-Marne.
Il a été utilisé par les chanoines pour chanter la liturgie jusqu’à la Révolution française.  A cette date, il a été soustrait au dépôt des archives religieuses pour les Archives départementales par le curé de Château-Landon mais a pu intégrer au XXe siècle les collections publiques dont il constitue un fleuron majeur.
Il est dû, comme l’indique la dédicace, à la « munificence » d’Henri de la Grange-Trianon, abbé de Saint-Séverin depuis 1689.  L’ouvrage n’étant pas daté, on peut néanmoins délimiter sa réalisation à la période 1689-janvier 1731, date du décès de l’abbé qui assuma son rôle à la tête de l’abbaye pendant 42 ans.

L’ABBÉ HENRI DE LA GRANGE-TRIANON

Henri de la Grange-Trianon, chanoine régulier de Saint-Victor, étant décédé en janvier 1731, l’inventaire de ses biens a été réalisé le 16 mars de la même année par devant Delaveau, notaire à Château-Landon.  Les minutes révèlent un goût certain, sinon pour l’opulence, du moins pour le confort.  Monsieur l’abbé possède une belle argenterie estimée à 800 livres, de grands flambeaux aux armes, une tabatière d’argent et d’autres objets précieux (montre, flacon de cristal, canne à lorgnette, baromètre et thermomètre, quelques tableaux religieux).  Son lit est sobre et distingué, « en bois de noyer garni d’une housse d’indienne brune et rouge…le tour de lit de taffetas brodé » ; il possède une autre chambre avec « un grand lit à la duchesse de damas, galonné d’un ruban, les rideaux étant de petite serge bleu avec de petits gallons blancs ».  On trouvera des rubans, roses cette fois, dans la décoration de l’antiphonaire.
Mais la partie la plus évocatrice de l’inventaire concerne la bibliothèque de l’abbé.  On y trouve les ouvrages classiques de théologie et de pratique religieuse (Bibles, Histoire sainte, bréviaires) ; des ouvrages historiques et des biographies dont certaines témoignent de la curiosité de leur propriétaire, des ouvrages de politique ou de morale, mais aussi des modernités qui confirment l’ouverture au siècle de l’abbé.
Henri de la Grange-Trianon aime aussi le théâtre ; il possède le Théâtre italien, mais aussi tout Molière en sept tomes ; il aime les contes et nouvelles et les plus légers : ceux de Boccace et ceux de la Fontaine ; il peut lire aussi l’Histoire de Mélusine.
Enfin, il sacrifie au goût de l’époque avec deux ouvrages sur l’art de jardins, celui de la Quintinie et celui de Legendre sur « La manière de cultiver les arbres ».
Ce gout pour la nature et pour la mise en scène sont deux caractéristiques que l’on retrouve dans le décor précieux qu’il commande pour l’Antiphonaire de son abbaye, sans que l’on puisse néanmoins affirmer qu’il est imposé ou que « c’était dans l’air du temps ».
On trouve en effet le même esprit (usage de fleurs, composition) dans un ouvrage comme le Recueil des devises et emblèmes offert à Marie de la Tour d’Auvergne, duchesse de la Trémoille, du XVIIe siècle (conservé à la Bibliothèque de l’Arsenal) ou dans l’Histoire de Louis le Grand, contenue dans les rapports qui se trouvent entre ses actions et les qualités des vertus des fleurs et des plantes, ouvrages de Jean Donneau de Vizé orné en 1688 par un peintre anonyme de superbes gouaches sur vélin (Bibliothèque nationale de France).

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Maison de la pierre

Toute l’histoire de la pierre de Château-Landon est là.  Depuis la formation de ce calcaire lacustre très compact, de haute densité, il y a quelque 25 à 30 millions d’années, au début de l’ère tertiaire, durant de grandes périodes glacières, jusqu’à la taille de la pierre utilisée pour la construction de ponts et autres grands monuments.

Le dépôt de loess stérile, très pur, acculé pendant des millions d’années, va permettre aux hommes du Magdalénien d’entreprendre la culture céréalière…  Ce sont les débuts de l’agriculture.  Les salles retracent, successivement, l’histoire du travail de la pierre meulière et 6 500 ans d’évolution de techniques et d’outils – collection d’outils préhistoriques en silex ou en grès, témoignages des plus anciennes traces de présence humaine.

La pierre de Château-Landon , très résistante à l’eau, a servi de matériau de base à la construction d’édifices parisiens prestigieux : Arc de Triomphe, Tour Eiffel, Sacré-Coeur, pont Alexandre III…

Le calcaire de Château-Landon

Sise sur un rocher, en forme d’éperon allongé, la vieille cité offre un ensemble de monuments, tours et murailles, au-dessus de la vallée.  La base de l’ensemble est un dôme crayeux, découpé par des failles, surélevé par des mouvements tectoniques.

Le paysage urbain est marqué par l’omniprésence de la pierre calcaire, issue du sous-sol de la région.  L’un des attraits de Château-Landon est cette complémentarité entre l’évolution géologique particulière, et un riche passé historique.

La pierre de Château-Landon est un calcaire lacustre, formé au début de la période géologique tertiaire.

A partir du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, l’exploitation du calcaire de Château-Landon connaîtra des débouchés célèbres avec les réalisations parisiennes du Sacré-Cœur de Montmartre ou de l’Arc de Triomphe, de la fontaine Saint-Sulpice ou du grand perron de la Bourse de Paris.  Mais qui pourrait dénombrer les ouvrages plus modestes qui jalonnent nos canaux ou enjambent nos rivières où les pierres de Château-Landon ont représenté le matériau principal ?

maison-de-la-pierrewebLa Maison de la pierre rassemble deux collections :

– Une collection de pierres préhistoriques
– Une collection d’outils de carriers et de tailleurs de pierre

Ouvert au public tous les samedis de 15h à 17h ou sur rendez-vous, au 29, rue Jean Galland.

Participation 3 euros.

Contact : 01 64 29 38 08

Contes et Légendes
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Visite interactive
Depuis le promontoire du Larry, dominant la vallée du Fusain et la campagne environnante, le point de vue sur les maisons et les tours, construites sur les anciennes fortifications, et que domine la masse imposante de l’Abbaye Saint-Séverin, est exceptionnel.
Dans la vieille ville Dans la ville nouvelle
La Tour Madeleine La Tour Saint-Thugal L’Eglise Notre Dame La Tour Saint-André
Une des Tours des Remparts dont la construction fut autorisée vers 1350 par Charles V en vue de protéger « une de ses 17 bonnes villes drapantes du royaume. » Inscrite à l’I.S.M.H en 1926. Clocher tronqué de ce qui reste de la basilique St Thugal et qui abrita les reliques de ce saint fondateur du monastère de Tréguier. Inscrite à l’I.S.M.H en 1926. Leçon d’architecture à elle seule (XI° XII° XIII° et XIV° siècle) style carolingien, pré romain, romain, gothique s’y côtoient. Classée Monuments historiques en 1840. Reste d’une abbaye clunisienne réduite au XVI° siècle à un prieuré dépendant de l’abbaye de Ferrière. Inscrite à l’I.S.M.H en 1990.
Les Poternes L’Abbaye Royale Saint-Séverin
L’Hôtel-Dieu La Maison de la Pierre
Accès Nord et Sud de la Ville Forte. Dominés par le chemin de ronde qui longe toute la façade de la ville. Elles complétaient les entrées principales de la ville qui elle, devait être dotées d’un pont levis. Bâtiment conventuel du XII° siècle adossé à un escarpement rocheux construit en l’honneur de St Séverin, guérisseur de Clovis. Inscrite à l’I.S.M.H en 1926. Rare monument subsistant en Ile de France, construit au II° siècle et destiné à accueillir les pèlerins, malades et pauvres. Inscrite à l’I.S.M.H en 1986 La Maison de la pierre rassemble 2 collections
– Collection de pierres préhistoriques
– Collection d’outils de carrier et de tailleurs de pierre.
Ouvert au public tous les samedis de 15h à 17h ou sur rendez-vous auprès de l’Office de Tourisme : 01 64 29 38 08
Participation : 3 euros
Le Lavoir Communal Moulin de Beaupoivre  Porche de la Monnaie La Cave des Templiers
Un charme discret pour la génération de la machine à laver. Un des 18 moulins établis sur la commune et alimenté par le Fusain. Seul subsiste aujourd’hui le moulin des Gauthiers. Vraisemblablement ancienne boutique d’un changeur du Temps où Château-Landon était une importante ville marchande. Construction du XIV° siècle. Inscrite à l’I.S.M.H en 1926. cave(visite uniquement avec un guide) renseignements à l’Office de Tourisme :
01 64 29 38 08